| !! Cette histoire contient certains passages pouvant choquer la sensibilité des plus jeunes !! |
12 Juillet 2017
Ça fait trois semaines que Nate et moi avons couché ensemble, et depuis, contrairement à ce que l’on avait prévu, nous nous évitons comme la peste. Pourtant, c’était bien et je ne regrette pas, enfin si un peu quand même. Je suis allongée sur mon lit et je ferme les yeux un instant, juste le temps de me souvenir comment c’était.
Il avait fermé la porte derrière moi tout en continuant à m’embrasser, je sens encore ses mains passer sous mes fesses pour me porter jusqu’à son grand lit, puis ses doigts glisser le long de mes joues pendant qu’il m’embrassait… Il avait commencé par enlever son t-shirt de basket, me laissant admirer son torse nu et il m’avait débarrassé de mon débardeur, puis c’est à ce moment que j’ai commencé à paniquer un peu en voyant que les choses avançaient.
- Nate, attends, je n’ai jamais…
- Comment ça ? Jamais, jamais ?
- Jamais…
J’étais un peu rouge de honte devant lui qui était bien plus qu’expérimenté, et même si c’est mon meilleur ami depuis l’an passé, jamais je ne lui ai dit que j’étais encore vierge, c’était mon petit paradis secret, jusqu’à ce soir-là. Je m’étais donc contentée de hocher la tête en guise de non.
- Je ne t’oblige à rien Méli, sache-le, mais si tu veux continuer, je t’assure que je prendrais mon temps.

Nos yeux ne se quittaient pas, je ne savais pas quoi répondre, est-ce que j’étais sûre de moi ? Non pas spécialement. Est-ce que je trouverais un autre garçon pour me dire ça ? Assurément que non… Il a pris mon silence pour un oui, m’a souri puis m’a embrassé. Je ne savais pas quoi faire, j’étais un peu tétanisée, il avait attrapé ma main pour la poser sur son torse chaud, m’incitant à moi aussi de le toucher. Il ne m’avait pas obligé à faire quoi que ce soit, se satisfaisant de me donner du plaisir exclusivement. Je me souviens encore de sa bouche sur ma peau brûlante de désir puis il avait fini par glisser entre mes cuisses, doucement, langoureusement comme il l’avait promis. J’ai eu un peu mal au début, mais Nate était tellement attentionné que la douleur s’est vite éteinte. J’ai passé toute la soirée à l’appeler Nate et j’ai adoré ça ainsi que tout ce qu’il s’est produit. Quand tout ça était fini, il s’est allongé à mes côtés, me prenant dans ses bras, embrassant mon front.
- Tout ça ne change rien entre nous, n’est-ce pas Méli ?
- Non, bien sûr que non, Nate.
Il a resserré son étreinte, nous sommes resté là un moment, jusqu’à ce qu’il se lève pour se rhabiller et me raccompagner à ma chambre. Il s’est penché pour embrasser ma joue et je l’ai remercié.
- Merci Natouche !
Il m’a regardé avec des petits yeux tristes d’entendre son surnom, sonnant la fin d’une soirée magique. Et après, tout a changé entre nous, nous avons commencé à faire comme si rien ne s’était passé, se retrouvant comme avant, gardant nos vieilles habitudes, et au fil des jours, nous trouvions toujours plus d’excuses pour ne pas se voir. Ce qui me fait regretter ce qu’il s’est passé entre nous, alors que c’était fantastique. Je suis tirée de mes pensées par des coups qui résonnent sur ma porte. Je me lève à contrecœur pour ouvrir.

- Natouche, qu’est-ce que tu fais là ? Tu n’es pas à ta fête ce soir ?
- Petite Méli, je suis certain que tu n’as encore rien mangé !
- Non, trop absorber par… mes cours.
Par le souvenir de cette nuit que nous avons passé tous les deux, surtout. Je souris, un peu nerveuse, nous nous évitons depuis des jours et là, il revient comme si tout était normal. Il me donne les boites de chinois et je le remercie, je lui en tends une, mais il refuse en prétextant avoir déjà mangé. Je finis mes nouilles et m’assois à côté de Nate sur le lit.
- C’est vrai que j’avais un petit creux, c’est très gentil de m’avoir apporté ça ! Tu n’es pas à ta fête ce soir ?
- Non, je n’avais pas envie d’y aller, je voulais juste passer du temps avec ma meilleure amie, ça fait un petit moment qu’on n’est pas resté ensemble…
- Oui, quelques semaines, on était, tous les deux, débordés…
Pfff, quel mensonge, pas plus débordés qu’à l’accoutumée en fait. Puis sa main a commencé à trouver la mienne, à doucement caresser mes doigts.
- En réalité, Méli, c’est que chaque fois que je te voyais, j’avais très envie de t’embrasser et…
Et il ne finit pas sa phrase, car il se rapproche de moi pour entrer en contact avec mes lèvres, je le laisse m’embrasser et me souviens que la dernière fois que nous avons fait ça, nous nous sommes évités pendant des semaines.

- On ne devrait pas faire ça, nous sommes juste des amis, rien de plus Nate.
- Mais j’adore quand c’est toi qui m’appelles Nate.
C’est vrai que je viens encore de l’appeler Nate sans m’en rendre compte, et moi aussi, j’adore l’appeler comme ça. Mais si jamais notre amitié ne redevenait plus comme avant ? Je tiens trop à lui pour briser cela.
- Donne-moi juste une autre nuit avec toi et on laisse tout ça au placard après, juste une dernière fois Mél.
Je ne réponds rien, une nouvelle fois et je me laisse guider par son expérience, je le laisse m’embrasser et me toucher comme seul un amant le ferrait, il me guide et m’apprend à devenir plus confiante en tentant de me laisser les commandes. Et quand nous avons fini et qu’il me prend dans ses bras, je me demande vraiment si nous arriverons à redevenir simplement des amis.
Au début, j’étais un peu gênée, alors que Nate semblait normal, je me demandais toujours s’il avait envie de m’embrasser en me regardant et cette idée me troublait au plus haut point, puis au bout de quelques jours, j’ai fini par adopter son attitude. Puis nous avons repris nos petites manies, tout naturellement.
Ce matin, j’accompagne donc Nate en cours de sciences et Sean est devant la porte en train de regarder son téléphone, il ne fait pas plus attention à nous, seulement lorsque Nate est entré dans la salle, il m’interpelle alors que je repars.

- Hey bella ! Mélissandre, c’est ça ?
Sean m’appelle, et il se souvient de mon prénom ! Je me retourne, légèrement choquée.
- Oui !
- Nate dit que tu es douée en langues, tu ne voudrais pas m’aider un peu ?
Je manque de m’étouffer à la première partie de sa phrase, comme s’il faisait un sous-entendu. Est-ce que Nate en a parlé ? Puis je me dis que c’est moi qui délire, il ne ferait jamais ça.
- Oui si tu veux !
- Génial, tu peux passer ce soir ?
- Après mon taf, il n’y a pas de problème !
- Merci ma douce !
Il plante un baiser sur ma joue puis s’éclipse en cours de sciences avec Nate. Je rougis, il a l’air adorable, comparé à ce que j’ai pu entendre à son sujet. Je suis toujours étonnée qu’il se souvienne de mon prénom. Après mon petit boulot, j’ai pris la direction de la fraternité où logent Sean et aussi mon meilleur ami. D’ailleurs, c’est lui que je vois en premier en entrant, il est avec la fille qu’il avait embrassée à la seule fête où j’ai assisté. Lui aussi me voit, il semble gêné, alors qu’il n’y a pas de problème pour moi. Il se lève pour venir à ma rencontre.

- Méli, mais qu’est-ce que tu fais là, on ne devait pas se voir ?
- Non, non, rassure-toi Natouche, tout va bien, je suis venue voir Sean !
- Sean ?
- Oui, il m’a demandé de l’aider pour ses cours de langues. Tu lui as apparemment dit que j’étais douée !
- C’est vrai, tu es très intelligente, mais Sean, sérieusement, je t’ai dit de faire attention à lui.
- Ce n’est que quelque cours Nate.
Il a deux yeux en billes, et je dois avoir le même regard, je me contente de rougir, il est sorti tout seul celui-là. Puis Sean arrive et me sort de cette situation. Il me guide jusqu’à sa chambre et nous commençons à bosser. J’ai fait ça pendant une semaine et demie, pour qu’il puisse avoir une bonne note à son prochain examen, examen qu’il a finalement réussi, il est tout fier de me montrer son B+.
- Je n’aurais jamais réussi sans toi ! Tu es géniale !
Il saisit ma joue pour y poser un petit baiser, je ne peux m’empêcher de rougir à son contact, il ne lâche pas ma joue et embrasse mes lèvres. Je suis tellement flattée qu’un garçon comme lui puisse m’embrasser. Je lui rends son baiser, mais il se fait plus insistant, quémandant autre chose qu’un simple baiser. Je ne suis pas prête à m’abandonner si facilement à lui.

- Arrête Sean, je ne veux pas faire ça.
- Quoi, tu vas jouer les vierges effarouchées avec moi ?
- Qu’est-ce qu’il te prend ?
- Je suis sûre que tu te tapes ton soit disant meilleur ami et tu joues les sainte-nitouche avec moi, tu sais combien de meufs seraient ravies d’être à ta place en ce moment ?
Je reste interdite. Les larmes au bord des yeux. Je ne réponds rien, je me lève et quitte l’endroit avec la boule au ventre. Je me demande si Nate en a parlé, et je finis par me dire qu’il avait raison à propos de Sean, ce n’est qu’un petit con prétentieux et égoïste… Le genre de personnes que je déteste. Au fil des jours les gens ont commencé à me regarder bizarrement et a chuchoter sur mon passage, même Nate m’a évité. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi...
Ne tenant plus en place, je décide qu’il est temps de tirer les choses au clair, j’envoie un message à Nathanaël en lui disant qu’il faut qu’on parle et que j’arrive à sa fraternité. Seulement, ce que j’avais oublié, c’est que c’était le soir d’Halloween, évidemment tout le monde fait la fête et est déguisé, sauf moi !
Tant pis, je sais que Nate se trouvera, quoi qu’il arrive, dans cette maison qui sert de repère au plus gros connard que j’ai pu croiser. En chemin, un romain et un pirate me bousculent.
- Hey mec, c’est pas elle ?
- Hey, sainte-nitouche !
Les deux garçons m’ont l’air bien alcoolisé et ne m’inspirent pas confiance, seulement le temps que je tourne les talons pour marcher plus vite, le romain saisit mon bras avec force.
- Où tu vas comme ça ?

Au moment où j’ouvre la bouche pour leur crier de me lâcher le pirate pose sa main dessus en serrant très fort.
- Reste un peu ma jolie, on va bien s’amuser tous les trois.
Ils me traînent à l’écart du passage, les larmes coulant le long de mes joues, essayant de me débattre, vainement. Le premier m’empêche de parler pendant que le second me couche sur le sol en prenant soin de me tenir tout en retirant le bas de mes vêtements. Je me débats encore et toujours mais je comprends vite que cela ne sert à rien… alors j’arrête tout simplement en attendant qu’ils finissent par se lasser et de me laisser ici comme une chose sans importance.